Nous étions jeunes alors

NOUS ETIONS JEUNES ALORS

(2006)


résumé : A cette époque, la pluie ne cesse de tomber de manière inquiétante, les dangers menacent, la peur rôde. Paranoïa, troubles de la personnalité, confusion entre réalité et fiction : trois jeunes gens parcourent la métropole. Nous étions jeunes alors est le titre d’un récit d’anticipation, écrit par l’un d’entre eux. Un récit où il est question de propagandes massives, de fatigues inconnues, de maladies nébuleuses et de vastes complots. Quand le réel commence un jour à ressembler à cette fiction curieusement prophétique, les trois personnages, fuyant la ville et les maladies, trouvent refuge dans leur maison d’enfance.


présentation : Deuxième volet de la trilogie Stars also die, Nous étions jeunes alors développe l’univers crépusculaire de Des heures entières avant l’exil et prolonge l’expérience d’une forme de narration hybride entre théâtre, récit et poème.


extrait :

Le Garçon. Je travaillais aussi à l’écriture d’une sorte de récit d’anticipation où il était question de propagandes massives, de fatigues inconnues, de formes de vies secrètes, de maladies nébuleuses, de dangers imminents, et de vastes complots. Un récit qui, après de nombreux errements et diverses approximations, avait fini par s’intituler : « Nous étions jeunes alors ». Plusieurs autres titres avaient en effet longtemps défilé dans ma tête, tels que : « Nous n’faisions pas d’effort », « Nous étions seuls à bord », « Nous mangions comme des porcs », « Nous foncions dans l’décor », ou encore : « Nous n’aimions pas la mort. »

La Première Fille. A cette époque, je jouais certains rôles, et je n’aurais souhaité ça à personne ; des rôles de quasi-figurantes dans de grandes productions néoréalistes à l’affiche sur les grandes avenues de la métropole, des rôles qui multipliaient les répliques impossibles à dire, non vraiment, je n’avais que deux ou trois répliques par pièce jamais plus mais à chaque fois toutes plus improbables les unes que les autres, à chaque fois toutes plus invraisemblables ; non vraiment, sérieusement, j’aurais aimé vous y voir, vous auriez moins faits les malins, le reste de la distribution avait un texte à peu près normal mais moi à chaque fois — et c’était à chaque fois sur moi que ça tombait, les autres n’avaient jamais aucun problème, jamais, c’était sur moi que le sort s’acharnait, quelqu’un m’en voulait, ce n’était pas possible autrement, c’était contre moi, tout ça, je le savais, je m’en doutais, tout ça c’était fait exprès contre moi —, moi je devais sortir des trucs inimaginables.


traductions : allemand : WIR WAREN DAMALS JUNG : Frank Weigand / portugais : NOS ERAMOS NOVOS ENTAO, Ilda Mendes dos Santos et Mickael de Oliveira


production :

  • Mise en scène de Frédéric Sonntag : création à Mains d’Oeuvres (Saint-Ouen), mai 2007. Reprise à Théâtre Ouvert (Paris) du 13 novembre au 13 décembre 2008. Tournée saison 2009-2010 : ATP Aix-en-Provence, Théâtre Les Ateliers Lyon, Scène Nationale 61 Alençon .

lecture :

  • Mise en voix en portugais par Miguel Loureiro, São Luiz Teatro Municipal (Lisbonne), dans le cadre de Encontros de Novas Dramaturgias Contemporâneas et de Corps de Textes Europe

publication :

  • en allemand : collection SCÈNE n°12 (Theater Der Zeit), dirigée par Barbara Engelhardt, 2009

  • Aide à la création du CNT, 2008
  • Bourse d’écriture de la Fondation Beaumarchais, 2006